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Drôles d'envois pour une rencontre

 


LA CARICATURE DANS LA PEAU


Contrairement à Guy Degrène à qui l’ennui des cours inspirait des petites cuillères, Bruno Marty, dessinateur attitré des "Guignols de l’info", préférait croquer les visages de ses profs et condisciples...

Tout commence en fait au Lycée Montchapet à Dijon, en classe de seconde, avec un journal clandestin à durée éphémère : "On s’est fait piquer entre le numéro 1 et le 2... mais c’est là que je me suis vraiment rendu compte que je savais caricaturer les gens."

Des débuts au Crapouillot

Bruno Marty entre ensuite au Beaux-Arts de Dijon. Il y suit les cours pendant deux ans avant de rejoindre ceux de Besançon où existe un "Département Communication" davantage en phase avec ses souhaits professionnels.

Entre temps, il contacte Le Crapouillot et dessine pour le hors-série "Revue de presse" du magazine. C’est d’ailleurs grâce à cela qu’il sera ensuite repéré par Canal+... Mais on n’en est pas encore là !
Encore étudiant aux Beaux-Arts de Besançon, Bruno Marty travaille en parallèle pour "Le Crapouillot" et dessine également quelques caricatures pour le quotidien local : "Le Bien Public"...

1988 : après l’infographie, Les Arènes de l’Info...

En 1987, il trouve un emploi dans une agence de pub à Chambéry. Spécialisée dans l’infographie, l’agence coule au bout d’un an : "A l’époque, ces images coûtaient trop cher et ça n’a pas marché."
Qu’à cela ne tienne, à peine "libéré" par ses employeurs, Bruno Marty est contacté en février 88 par Canal+. Après quelques essais (une dizaine de caricatures "pilotes"), c’est lui qui est choisi pour dessiner les marionnettes d’une nouvelle émission qui démarrera en septembre 88 : "Les Arènes de l ’Info". "Je me suis retrouvé du jour au lendemain travailleur indépendant avec 40 marionnettes à créer d’un coup !"

Un scoop : Obispo et Bacri entrent au Guignol !

Au bout de deux ans, restructuration de l’émission : les auteurs des "Arènes" sont remplacés et l’émission devient "Les Guignols de l’info". Bruno Marty reste, ainsi que le sculpteur Alain Duverne qui traduit excellemment ses caricatures sur papier. "Nous sommes très complémentaires. Je lui fournis deux dessins du personnage, un de face et un de profil, et je leur donne une expression neutre pour qu’ils puissent rire ou pleurer... En fait, tout se passe très simplement. On pourrait croire qu’il y a des brainstorming et des réunions pour décider de ce qu’on va faire... Pas du tout : les auteurs contactent Alain Duverne qui m’appelle pour me dire quelles sont les prochaines marionnettes à réaliser. J’ai d’ailleurs un scoop pour Planète Spook : je travaille en ce moment sur Pascal Obispo et Jean-Pierre Bacri."

Ils viendront ainsi rejoindre le club très fermé des 230 marionnettes déjà dessinées et créées... "Certaines me satisfont plus que d’autres une fois qu’elles sont réalisées. C’est le cas de Jacques Pradel par exemple ; je préfère la marionnette à mon dessin. Pour Alain Delon, c’est le contraire... C’est vrai que le sculpteur a plus de mal à respecter la réalité. Pour Françoise Sagan, par exemple, comme elle a une toute petite bouche, j’avais fait un point au lieu d’une vraie bouche. Alain Duverne a bien été obligé de l’agrandir..."

Un métier-passion

Travaillant d’après les photos des magazines qu’il collectionne ou grâce à la touche "pause" du magnétoscope, Bruno Marty vit à fond son "métier-passion". Des Guignols au Figaro (caricatures politiques) en passant par le magazine Auto-Plus ou par la BD (album sur le comique Courtemanche), il ne se voit pas faire de la pub ou autre chose... "Ou alors, il faudrait vraiment que je sois au fond du trou !"

Marie-Hélène Branciard, Planète Spook N°12 - Juin-Juillet 98 Rubrique "Happy Culture".

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